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DES NUAGES ET DES FORMES À LA GALERIE DELAPORTE

Claude Viallat

Ils ont confronté leur travail une première fois, en 2004, au Musée de Marrakech, lors de l’exposition Regards Croisés, le travail de quatre peintres français reconnus côtoyait alors celui de quatre jeunes artistes marocaines. Deux d’entre eux se retrouvent aujourd’hui dans l’espace de la galerie Delaporte à Casablanca, Claude Viallat, l’un des artistes français les plus importants de sa génération et Amina Benbouchta, devenue en ces quelques années l’une des artistes qui comptent sur la scène de l’art contemporain au Maroc.

Plus qu’un hasard, la volonté d’affirmer une même inclinaison l’un et l’autre pour la peinture, une même façon de l’envisager sur le plan esthétique certes, mais aussi sur le plan éthique, avec assez de rigueur et de détermination, une influence protestante commune peut-être, pour à la fois ne pas dévier d’une ligne et laisser aussi libre cours aux inconvenances recherchées, ces rapports de couleurs audacieux et ces supports protéiformes chez Viallat, la récurrence de formes mémorielles de reconnaissance visuelle et la libération d’un corps archaïque dans le geste peint d’Amina Benbouchta.
Peinture d’un sud absolu, oui, il faudrait parler de ce sud qui les rapproche, ce sud émerveillant chez Viallat, avec des couleurs primaires, celui du soleil, des ciels, des forêts, du sable et du sang, à la frange du bon goût parfois mais le revendiquant, le portant haut. Viallat avec sa forme si reconnaissable, loin du motif décoratif, sans style, même rayée, ourlée de couleur ou laissée nue, trace à la fois strictement personnelle et parfaitement anonyme, sans référence à l’histoire mais qui en porte le témoignage de mémoire, une empreinte pauvre et séduisante d’une terrible efficacité. Un sud où chaque toile peinte devient « arène où agir », avec cette part de mémoire que chaque tissu porte en lui et la part imprimée par le peintre, comme un éblouissement quand nous parvenons à abandonner nos repères habituels et convenus pour avoir le regard aventureux et que nous entrons dans la peinture.

 

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