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POUR UNE AMÉLIORATION DES RESSOURCES HUMAINES ET DU MODE DE GOUVERNANCE DES ÉQUIPEMENTS DE SANTÉ

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INTERVIEW
HOUCINE MAAOUNI

Architecture du Maroc
Vous êtes à la tête des instances ordinales des médecins au Maroc ; que pensez-vous de l’architecture des espaces médicaux dans notre pays ?
Houcine Maaouni
En tant que Président de l’ordre des médecins, je tiens tout d’abord à remercier votre revue d’architecture d’avoir dédié un numéro aux espaces de soins. Quand à l’état des espaces médicaux dans notre pays, je tiens à dire que s’ils ne sont pas uniformes, ils sont en nette amélioration.
Certaines structures d’accueil pour soins sont dépassées et ne sont pas aux normes et l’écart en qualité est important selon les régions. Les grandes villes sont avantagées aux dépens des zones rurales. Des efforts sont en cours grâce à la régionalisation impulsée par SM le Roi, que Dieu le glorifie.
Je tiens à souligner que les efforts de mise à niveau sont énormes. J’en tiens pour exemple les édifications des nouveaux CHU à Salé, Kenitra, etc.
AM
Êtes-vous en concertation avec les politiques pour les grandes décisions à l’échelle du territoire ? La nouvelle loi avantage-t-elle les médecins ? Pourquoi ?
HM
Pour les instances politiques, l’ordre des médecins n’a qu’un avis consultatif. Le CNOM donne son avis au ministère de la santé et au secrétariat général du gouvernement. Cependant, sur le plan opérationnel, il joue un rôle important pour les couvertures sociales. D’ailleurs ses statuts sont en cours de réévaluation.
La nouvelle loi vient d’être adoptée et il est trop tôt pour en évaluer l’impact. La rareté des expériences sur le terrain ne peut permettre aux médecins de se prononcer sur ses résultats surtout dans le monde rural. La visibilité d’une nouvelle loi prend du temps. Actuellement, le médecin ne ressent pas les changements qu’elle propose à quelques exceptions près.
AM
Quelles sont les grandes décisions de ces dix dernières années qui vont faire changer le paysage des centres de soin. À l’échelle urbaine ? À la campagne ?
HM
La mise en place de l’assurance obligatoire est certainement l’une des grandes décisions de cette décennie. Le code constitue le fondement de la protection sociale en matière de santé. Il a institué une assurance maladie obligatoire de base (AMO) fondée sur les principes et les techniques de l’assurance sociale au profit des personnes exerçant une activité ou à la retraite. Le Régime d’Assistance Médicale (RAMED) fondé sur les principes de l’assistance sociale et de la solidarité nationale au profit de la population démunie est encore plus important. Ce programme englobe en effet 9 millions de bénéficiaires à bas revenus.
Le « Ramed » permet une prise en charge des populations vulnérables comme l’expérience de Tadla Azilal le montre. Le certificat d’indigence devient impropre sur le plan sémantique. Le Ramed a été mis en place aussi pour respecter toutes les étapes de la filière « soins », du centre de santé jusqu’à l’hôpital. Ceci constitue une amélioration notoire de la prise en charge des patients démunis qui présentent leurs cartes et sont suivis sans interruption.
Le projet d’assurance maladie pour les indépendants (AMI) est bientôt prêt. Il a déjà été adopté à la 1ère et à la 2ème chambre au parlement et n’attend plus que l’additif de la CNSS pour voir le jour. Cette nouveauté permet aux médecins, architectes et autres professions libérales d’être couverts et de bénéficier d’un additif en matière de retraite. Je tiens à remercier la commission qui s’est penchée sur cette question pour la qualité de son travail.
Un autre projet d’envergure porte sur l’assurance des étudiants (AME). Sans compter les nouveaux CHU en cours de construction à Tanger, Agadir, Laâyoune, Beni Mellal… et les CHR qui sont les centres hospitaliers régionaux, au centre du rapprochement rural.
Quelques fondations privées ont réalisé des hôpitaux aux normes internationales comme l’hôpital Cheikh Zaïd et l’hôpital Cheikh Khalifa.
Je tiens à souligner l’importance de l’action de la fondation Lalla Salma qui lutte contre le cancer. Son action a été remarquable puisqu’elle a bouleversé la cancérologie au Maroc. Du premier centre ouvert en 2003, nous en sommes à quinze aujourd’hui. Les maisons de vie, les centres de dépistage, la formation du personnel soignant, le respect des normes internationales ont contribué à faire du référentiel marocain un label à l’échelle internationale. Je tiens à saluer tous les efforts fournis par cette fondation.

 

… il est important de traiter
l’ensemble des composantes de la mobilité
pour fluidifier la ville et décongestionner
la circulation. La mise en place
de l’assurance obligatoire
est certainement l’une
des grandes décisions
de cette décennie. Le code constitue le fondement
de la protection sociale
en matière de santé.
Il a institué une assurance maladie obligatoire
de base (AMO) fondée
sur les principes et les techniques de l’assurance sociale au profit
des personnes exerçant une activité ou à la retraite.

La première amélioration
à apporter concerne
les ressources
humaines et le mode
de gouvernance.

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