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LA MONTAGNE ET SES SAVOIRS
AU PAYS DES JBALA ET GHMARA

PAYS DES JBALA ET GHMARA 2

Le Projet international de coopération scientifique franco-marocain (PICS 2013-2015) sur le thème de la montagne et ses savoirs (Jbala et Ghmara du Rif occidental) touche à sa fin. C’est ainsi qu’un colloque de clôture a été organisé en novembre à Larache, au sein de la faculté polydisciplinaire de l’université Abdelmalek Essaâdi.

Le colloque a réuni différents chercheurs, de différentes disciplines et de nationalités diverses. Ces derniers partagent une réflexion commune autour d’un champ de recherche qui s’intéresse aux variantes linguistiques, à la culture, à la société et à la biodiversité de cette montagne. Trois axes ont été parcourus en autant de sessions :

Histoire et «ulamā», où l’accent a été mis sur ce qui fait l’originalité d’un pan entier de l’histoire ancienne et de l’histoire présente de cette région : les lettrés. Spécialistes du fiqh ou simples enseignants de village, leur densité n’a pas d’équivalent dans les campagnes marocaines, sinon dans le Souss. Une équipe a présenté son travail sur la localisation des érudits encore présents dans la montagne, avec un regard particulier sur leurs bibliothèques privées, dont un recensement permet une première approximation de l’importance, ici, de l’écrit.

Botanique et ethnobotanique où ont été abordées l’évaluation et la caractérisation de l’agrodiversité et des savoirs paysans, en relation avec les espèces végétales cultivées. L’ethnobotanique s’intéressant de surcroît à comprendre comment le traitement des plantes (reproduction, techniques de transformation des plantes aux paysages) définit pour partie les relations des hommes entre eux, rejoignant là les préoccupations de l’anthropologie de la nature. Le travail de groupe et le croisement interdisciplinaire entre linguistes, ethnobiologistes, biologistes et anthropologues ont abouti à des missions de terrain, réalisées dans différentes régions de la zone d’étude (Anjra, Aïn Médiouna, Bni Boufrah, Ouezzane, Bellouta, Al-Hoceima, M’sek).

Linguistique avec des approches axées surtout sur les parlers arabes montagnards des Jbala qui restent peu décrits. L’apport des chercheurs à ce niveau a été d’une grande importance pour faciliter la compréhension du long processus d’arabisation du Nord de l’Afrique et du Maroc en particulier. Les travaux présentés ont mis en évidence les différentes variétés de parlers arabes et berbères de la région étudiée. On a pu constater, sur la base d’une communauté de traits phonétiques, morphologiques et lexicaux, une continuité linguistique allant du nord-ouest jusqu’à la région de Sefrou, en passant par le couloir de Taza (enquêtes chez les Branès, les Ghiyata, la région de Taounate et les Bni Yazgha).

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