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VILLAGES DE PÊCHE À L’IDENTITÉ MAROCAINE

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ARCHITECTE
MEHDI BERRADA

En 2015, lors de sa tournée royale en Afrique, le roi Mohammed VI a signé deux accords portant sur la construction de points de débarquements aménagés de pêche artisanale (PDA). Des projets financés par le Maroc, qui visent à promouvoir des programmes de développement humain en mettant à profit le savoir-faire marocain en terme de conception de villages de pêche artisanale. Un architecte se démarque : Mehdi Berrada.

Les propositions de points de débarquements aménagés (PDA) des villages de pêche artisanale faites par le Maroc concernent la République du Sénégal et la République de Côte d’Ivoire. Ils représentent des dons du Royaume marocain, qui, dans ce cas, offre non seulement son appui financier aux acteurs de la pêche, mais également son expertise en matière de construction.

La maîtrise d’ouvrage marocaine se compose du Ministère Marocain de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, le Département des Pêches Maritimes, ainsi que la Fondation OCP. Quand aux maîtres d’ouvrage délégués, ils s’avèrent être, dans les deux cas, des filiales du groupe marocain Attijariwafabank : « Crédit du Sénégal  » et « Société Ivoirienne de Banque ».

«
Les projets consistent
en l’édification
d’une infrastructure
permettant aux pêcheurs,
mareyeurs et marchands
de poisson d’exercer
leurs métiers respectifs
dans des conditions
optimales en termes
de sécurité, d’hygiène
et de logistique.
»

LE PDA DE SOUMBÉDIOUNE
DAKAR / RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL

 

L’ouvrage, dont le coup d’envoi a été donné par le Roi Mohammed VI et l’actuel Président du Sénégal en mai 2015, se situe dans une localité du quartier Medina sur la corniche ouest de Dakar, nommée « Baie de Soumbédioune ». Il s’implante sur un terrain vacant de 9 000m², partiellement occupé auparavant par les charpentiers fabriquant et réparant les pirogues de pêche.

La livraison de ce projet, prévue pour fin 2017, rendra l’activité artisanale plus structurée sur l’ensemble de la zone, permettant à plusieurs centaines de pirogues à la recherche du poisson d’alimenter les marchés de la capitale, mais aussi l’export.

«
La conception de l’architecte
a obéi à la nécessité d’optimiser
les espaces et d’adapter
les formes à la fonction.
« Le plan d’ensemble
résulte de « la marche en avant »,
à savoir le flux ordonné
des produits et des personnes
du débarquement
jusqu’à la vente »
explique l’architecte.
»

LE PDA DE GRAND LAHOU
ABIDJAN / CÔTE D’IVOIRE

 

Après le Point de Débarquement Aménagé (PDA) de Soumbedioune lancé à Dakar, au Sénégal, le Maroc offre clé en main, un projet similaire à la Côte d’Ivoire. Les travaux de construction ont été lancés en juin 2015 à Grand Lahou, à Abidjan par le Roi Mohammed VI.
Le choix du site, situé à 150 km à l’ouest d’Abidjan, sur la route de San Pedro (deuxième ville portuaire du pays), répond à une volonté exprimée par les autorités ivoiriennes de décentraliser l’activité halieutique, aujourd’hui concentrée sur la région d’Abidjan.
À la différence du PDA de Soumbédioune, construit sur un site intra-urbain, celui de Grand Lahou est en bord de lagune et se situe à environ cinq kilomètres de la ville du même nom, une agglomération de 12 000 habitants.
Le terrain choisi, d’une superficie de 15 000m²,  est mitoyen à un centre de formation professionnelle aux métiers de la pêche et dispose déjà d’un quai aménagé dont une partie sera mise à disposition du PDA.

«
Les façades, lisses et blanches,
intègrent des brise-soleil
en bois style moucharabieh,
sur des vitrages fixes,
toujours pour limiter
le rayonnement direct du soleil
sur les produits frais.
»