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LOGEMENT SOCIAL : LE CONTEXTE CASABLANCAIS

SAMIR-DRISSI

INTERVIEW
SAMIR DRISSI

Après une expérience de plus de 15 années au sein de l’Agence Urbaine de Casablanca, Samir Drissi porte un regard averti sur les expériences dans le domaine du logement social menées ces dernières années dans la capitale économique. Il a bien voulu faire pour AM un point sur le « Plan National de Relance de l’Habitat social » à Casablanca, lancé en 2010, en forme d’essai de bilan.
Architecture du Maroc
Dans quel contexte a été lancé le Plan National de Relance de l’habitat social ?

Samir Drissi

Il faut revenir à l’histoire proche de la politique gouvernementale. Le programme des 200 000 logements, lancé au milieu des années 90, a rencontré un succès certain auprès des promoteurs qui bénéficiaient d’une exonération fiscale avec l’obligation de construire 2 000 logements. L’accession aux logements du programme, dont la surface pratiquée était de 60 m2 et le prix de vente de 200 000 dhs, était ouverte à des bénéficiaires dont le salaire maximum était plafonné à 3 000 dhs.

L’évaluation du programme en 2004 avait fait ressortir que non seulement les besoins du secteur de l’habitat n’étaient pas satisfaits, mais que de surcroît les caisses de l’État accusaient un déficit de près de 40 milliards de dirhams. Ce qui a conduit au gel du programme.

Il a fallu attendre l’année 2010 pour voir renaître un plan de relance de l’habitat social, dans un contexte de crise économique mondiale et locale. Les contraintes ont évolué dans ce nouveau programme avec par exemple l’obligation de construire 500 logements par an afin d’encourager les petits promoteurs et multiplier les projets, et la suppression du plafonnement de salaire des bénéficiaires. Les prescriptions tablaient sur une densité de 230 logements à l’hectare (brut), une surface brute du logement de 50 m2, un prix de 250 000 dhs (avec un remboursement par l’État d’une valeur TVA de 40 000 dhs) et enfin une exonération pratiquement totale des impôts et taxes.

AM
Quelle a été la part de la contrainte du foncier dans l’évolution du programme ?

SD

Le foncier présente un facteur principal dans la détermination des secteurs de développement du programme. La valeur foncière maximale permettant la faisabilité d’un projet d’habitat social sur un terrain non équipé étant fixée par les promoteurs à 1500 dhs à Casablanca, la plus grande partie des projets du programme ont évolué dans la couronne périphérique de la ville. Cette couronne intégrée au périmètre urbain par le SDAU (schéma directeur d’aménagement urbain), mais non encore dotée par des plans d’aménagement approuvés au moment du démarrage du programme en 2010, est devenue un territoire d’excellence dédié au programme. Cela a eu un effet significatif sur l’évolution des valeurs foncières.

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