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ÊTRE ARCHITECTE ET FEMME… ET ALORS ?

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PAR
MOUNA M’HAMMEDI

Professeur (HDR) à l’École Nationale d’architecture de Rabat et Architecte du Patrimoine (DSAP), Mouna M’hammedi est auteur de plusieurs ouvrages et publications dans différentes revues nationales et internationales. Parmi ses champs d’investigation se trouve la thématique espace et société. Ici, elle s’inquiète de la timidité des femmes qui les maintient dans l’anonymat. Pourtant, elles ont mérité leurs diplômes au même titre que leurs confrères !

Depuis que j’ai été contactée pour partager mon avis sur la féminisation réelle ou ressentie du métier d’architecte, les architectes de sexe féminin avec qui je discute, rejettent la notion même de « femme architecte ». La mise en avant de la question du genre dans le métier, met ces architectes dans une situation de gêne, qu’elles décrient âprement. Elles rejettent le fait même de ces deux termes, et mettent en avant leur antagonisme, revendiquant dans la foulée l’approche asexuée et donc équitable du métier d’architecte.
Pourtant, « l’infiltration » du métier d’architecte par la femme marocaine s’est faite naturellement et relativement rapidement. Alors que les premiers architectes marocains (Abdeslam Faraoui et Mourad Ben Embarek) l’ont été dès la fin des années cinquante, les premières femmes marocaines diplômées en architecture, quand à elles, font leur apparition dans les années 1970, (Mme Ghissassi), soit une vingtaine d’années après. Il faut rappeler qu’en Europe les premières femmes diplômées sont apparues à la fin du XIXème siècle (Julia Morgan, américaine) en 1898, diplômée de l’école des beaux-arts de Paris.

Cette féminisation finalement tant revendiquée
n’est pas très significative, elle n’atteint même
pas les 30%. Réfléchir donc sur la question
de la féminisation de la profession
est un peu en porte-à-faux par rapport
à la réalité des chiffres.

Seule Zaha Hadid architecte femme, star internationale,
a réussi l’exploit de construire un projet de l’envergure
du théâtre de Rabat. Faut-il passer par une reconnaissance internationale
pour qu’une femme accède à une commande
de cette ampleur au Maroc ?