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L’ARCHITECTURE DU PAYSAGE

Stack

N’en déplaise aux esprits chagrins, l’architecte est descendu de son piédestal du maître d’œuvre d’antan. Il est contraint aujourd’hui de travailler avec des concepteurs aussi doués que lui, spécialisés dans : l’intérieur, l’extérieur, le programme… Cela l’agace de se voir imposer par des maîtres d’ouvrage une « équipe pluridisciplinaire » pour les grands projets. Cela le perturbe de devoir intégrer dans son équipe des spécialistes de certains équipements. Il se sent même humilié de se voir imposer des compétences étrangères pour les monuments nationaux de demain.

Pourtant, il a déjà consenti à quitter l’esprit « Beaux-arts » des années 60 qui l’obligeait à maîtriser les savoir-faire du sculpteur, du peintre, du poète. Certaines écoles d’architecture proposent des cursus très techniques où les règles de l’art cèdent le pas à l’ingénierie… D’autres proposent des cursus spécialisés dans le paysage que nous vous invitons à découvrir dans ce numéro.

Nous avons voulu nous focaliser sur l’architecte paysagiste à travers des réalisations pour capter l’esprit de ce nouveau métier au Maroc. Bien que dans la pratique, Prost ait déjà été accompagné du paysagiste Jean Nicolas Forestier, pour fonder les villes impériales.

Le paysagiste, concepteur de l’extérieur ne doit pas être confondu avec un jardinier, ni un pépiniériste. Il a étudié dans des écoles reconnues mondialement dans un cursus long qui aurait pu lui donner accès au titre d’architecte. Or, il n’est pas reconnu par l’Ordre des architectes et par conséquent, ne peut signer en son nom, des plans d’urbanisme, de paysage ou d’aménagement territorial.

L’architecte de paysage se distingue de l’architecte tout court, par sa vision large et son point de vue en hauteur sur un site. Il conçoit le contexte sur lequel l’architecte devrait construire. Si la complicité entre les deux concepteurs s’installe dès le démarrage d’une zone d’urbanisation, il y a de fortes chances de voir se réaliser des plans d’urbanisme où le vide valorise le plein, où le rapport harmonieux et équilibré servira l’Homme, où la cohérence avec l’environnement deviendra naturelle dans la ville et à la campagne. Le bâtiment viendrait alors s’ériger non pas sur des champs en friche, mais dans des sites pré-végétalisés prêts à accueillir une population déjà préparée à vivre dans un paysage organisé par l’architecte paysagiste.

Il est donc temps de sortir de l’ombre ces hommes et ces femmes pour montrer combien leur contribution peut sauver notre urbanité en dérive.

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