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HÔTELS ET TOURISME

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Selma Zerhouni
Directrice de publication

Nous avons voulu présenter dans ce numéro, l’architecture hôtelière dans ses multiples standings. Avant notre enquête, il nous semblait que le cadre d’accueil des touristes tant attendus était déjà classifié par labels, avec une communication inhérente à chaque type. Elle est en cours de mise en place. Cherchant plus d’explications, nous avons vu notre demande d’interview refusée par Lahcen Haddad, actuel ministre du tourisme. Nous ne pouvons donc vous renseigner sur la stratégie politique actuelle, nous savons seulement que l’élaboration des nouveaux standards va faire l’objet d’une loi qui devrait être promulguée en 2016. En attendant, nous vous présentons des labels existants comme « clefs verte » ou des appellations aussi floues que « boutiques hôtel », à côté de magnifiques hôtels étoilés qui jalonnent le Maroc du nord au sud.
Néanmoins, les enseignes internationales investissent gros dans l’hôtellerie de qualité. Aussi bien en ville qu’à la campagne, nous avons pu dénicher pour nos lecteurs une douzaine de sites d’hébergement inédits à Agadir, Tamanar, Taghazout, Nador, Tanger, El Jadida, Fès, Moulay Yacoub, Ifrane, sans compter Marrakech, Rabat et Casablanca.
L’architecture ici rivalise de beauté avec des espaces pour tous les goûts. Souvent dans le respect de l’environnement immédiat, l’hébergement à la campagne s’organise avec la culture de terroir et en tire profit. La décoration et l’aménagement intérieur se libèrent et va chercher son référentiel dans l’architecture en terre, en pierre ou dans les matériaux locaux. En ville, c’est plutôt dans les canons de modernité les plus avancés que l’inspiration puise. Parfois dans l’image d’Epinal d’un orientalisme plus ou moins rêvé, parfois dans l’effervescence des modes contemporaines en vogue dans le monde. Si le promoteur cherche la rationalité d’un fonctionnement éprouvé, il investira dans le confort pour répondre aux normes internationales et accueillir une clientèle d’affaires dans un accueil irréprochable où l’on se sent chez soi. Soit il répond aux attentes de touristes qui cherchent un dépaysement non conventionnel, il créera alors des concepts hors normes, dans la quiétude d’un lieu d’exception. L’importance primordiale du service autour du touriste peut nous porter à croire que le cadre bâti est suffisant pour le satisfaire. Car c’est bien cette image que l’on montre, que l’on vend sur le Web et les dépliants. Pourtant, l’effort déployé à l’intérieur de ces havres exige une suite dans l’accompagnement des hôtes, celui des équipements et de l’infrastructure à l’extérieur. Car que fait le touriste une fois reposé ? Il sort se promener !
Et si les paysages pittoresques des campagnes n’ont rien à changer, les villes sont malheureusement très peu inclusives de l’étranger. Sous-équipées en transports en commun, mal signalées, sans trottoirs pour se promener, ni parcs sécurisés, elles ont besoin d’être mises à niveau. Aujourd’hui que l’on consent à consacrer des budgets à la réhabilitation des tissus urbains anciens, on peut enfin commencer à rêver de concilier dans les villes le tourisme d’affaires et de loisirs. La stabilité politique additionnée aux sites d’exception comme le désert avec ses kasbah, la mer avec ses resorts, la montagne et ses stations pittoresques, les centres art-déco dans les grandes villes feront alors du Maroc, une destination privilégiée.

Selma Zerhouni

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